L'Allemagne contraint Facebook à limiter sa collecte de données et à ne plus croiser les informations des internautes sans leur consentement

Une décision RGPD historique contre Facebook au sujet du consentement des utilisateurs. Photo ©AFP

Une décision RGPD historique contre Facebook au sujet du consentement des utilisateurs. Photo ©AFP

L’autorité allemande de la concurrence – l’Office fédéral de lutte contre les cartels – exige que Facebook cesse de combiner les données personnelles des internautes qui sont tirées d’applications tiers ou d’autres applications du groupe, comme WhatsApp et Instagram, sans consentement préalable.

Actuellement, la firme américaine collecte des données sur les activités des utilisateurs via Facebook et les autres applications qu’elle possède, ainsi que sur des sites Web tiers. Ce que quelqu'un voit, aime ou partage sur Instagram par exemple - ou sur le Web plus largement - peut être utilisé pour cibler une publicité. Une pratique que l’Office anti-cartel juge non conforme à la réglementation européenne particulièrement explicite sur la définition du consentement à savoir qu’il doit être libre, spécifique, clair et éclairé quant à sa finalité.

L’interdiction subie par Facebook s’attaque ainsi à la façon dont les informations des internautes sont collectées en précisant que "les cases à cocher obligatoire" pour accepter toutes les conditions de l'entreprise ne constituait pas une base suffisante pour "un traitement de données aussi intensif".

«Facebook ne peut plus contraindre ses utilisateurs à accepter une collecte quasiment illimitée de leurs données»

Que ce soit via Instagram, WhatsApp ou des sites tiers, ces collectes illégales au regard du RGPD placent le groupe en «position dominante», a résumé le patron de l’Office fédéral de lutte contre les cartels allemand, Andreas Mundt. Avant d’expliquer son intention de "contraindre les géants de la tech à adapter leur modèle économique au droit de la concurrence”. Un objectif que certains géants américains comme Apple et Cisco souhaitent également atteindre très rapidement en attendant une version américaine du RGPD.

Concrètement, l’autorité allemande donne un délai de quatre mois à Facebook pour modifier ses conditions d'utilisation qui devront ensuite être approuvées. Le réseau social a pour sa part déjà fait savoir qu’il utilisera son droit de déposer un recours.

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Source : BBC News