Les sites des services publics européens sont surchargés de trackers publicitaires clandestins

Les trackers publicitaires sont omniprésents sur les sites de services publics européens, le plus souvent sans le consentement des internautes.

Les trackers publicitaires sont omniprésents sur les sites de services publics européens, le plus souvent sans le consentement des internautes.

C’est le principal enseignement d’un rapport de la société danoise Cookiebot : les gouvernements de l'Union européenne autorisent l'industrie de la technologie publicitaire à surveiller leurs citoyens sur les sites web du secteur public. Le rapport comptabilise ainsi plus de 100 entreprises publicitaires surveillant sans leur consentement le comportement en ligne des internautes.

Un paradoxe quand on sait que les gouvernements européens ne comptent pas sur les recettes publicitaires et sont soumis au RGPD au même titre que les entreprises privées :

Comment une organisation peut-elle être à la hauteur de ses obligations RGPD et ePrivacy si elle ne parvient pas à contrôler l’accès aux trackers de suivi non autorisés sur son site web ? – Daniel Johannsen, fondateur de Cookiebot

Les sites français sont les plus touchés

Parmi les pays concernés, le gouvernement français affiche le plus grand nombre de trackers ad tech sur son site, avec 52 entreprises publicitaires différentes représentées.

Le rapport apporte une attention particulière aux sites Internet des services de santé, également exposés :

Alors que les informations sensibles sur l’état de santé d’une personne appartiennent à ce que l’on appelle des “données de catégorie spéciale” soigneusement protégées en vertu de l’article 9 du RGPD, 52% des pages web des services de santé publique contenaient des suivis commerciaux.

La mise à niveau de ePrivacy plus urgente que jamais

Et de conclure sur la nécessité pour l’Union européenne d’adopter un nouveau règlement ePrivacy à la hauteur des risques encourus, à savoir la collecte et le partage de données personnelles à l’insu des utilisateurs des ses sites de services publics :

Le suivi en ligne est omniprésent et peut exposer des informations très intimes sur des individus sans qu'ils soient même conscients que l'information est collectée et partagée avec d'autres. – Diego Naranjo, Senior Policy Advisor, European Digital Rights (EDRi)

Une analyse manifestement partagée par l’European Data Protection Board, qui enjoignait formellement, le 13 mars 2019, les législateurs européens à “intensifier les efforts en vue de l’adoption d’un règlement ePrivacy, qui est nécessaire pour compléter le cadre réglementaire de l’UE pour la protection des données et la confidentialité des communications”.

À bon entendeur…

(Source : Cookiebot)