Reconnaissance faciale : des millions de photos en ligne utilisées par IBM sans consentement

Reconnaissance faciale : IBM a utilisé des millions de photos via FlickR sans en informer les photographes. ©REUTERS / Sergio Perez/REUTERS

Reconnaissance faciale : IBM a utilisé des millions de photos via FlickR sans en informer les photographes. ©REUTERS / Sergio Perez/REUTERS

Le site NBC News nous apprend l’utilisation par IBM de millions de photos d’Internautes sans leur consentement. Au cœur du débat, IBM Research et son nouvel ensemble de données, intitulé Diversity in Faces (DiF), destiné “à faire progresser l'étude de l'équité et de la précision des technologies de reconnaissance faciale”.

Quel cadre juridique pour la constitution des bases ?

Sauf que, pour constituer cette collection de données, des millions de visages se trouvant sur des photos hébergées via Flickr en Creative Commons ont été référencées sans le consentement des personnes concernées. Quid de l’application du RGPD en la matière ?

Si IBM explique avoir utilisé uniquement des images rendues publiques sur Internet, cet exercice d’entraînement de reconnaissance faciale ne semble pas échapper au périmètre du RGPD, selon lequel la finalité de la collecte des données doit être claire et précise et ne pas changer en cours de route. En d’autres termes, il ne suffit pas d’avoir recueilli une fois pour toutes une autorisation de la personne sur l’exploitation de ses données : cette dernière donne son consentement pour une finalité bien précise.

De nouvelles questions éthiques autour de la reconnaissance faciale

Or, de toute évidence, dans le cas de Flickr, les photographes professionnels ou amateurs qui ont partagé publiquement leurs images l’ont fait à des fins d’usage iconographique. Accepter d’offrir sa photographie à la communauté, ce n’est pas accepter le référencement des visages des modèles figurant sur cette photo dans une base de données. Quand bien même cette dernière permet à IBM de créer une IA plus juste et plus précise, comme l’explique un communiqué en date du 29 janvier :

“Les systèmes d’Intelligence Artificielle apprennent ce qui leur est enseigné et, s’ils ne disposent pas d’ensembles de données puissant et divers, la précision et l’équité pourraient être compromises. […] IBM reste déterminé à développer des systèmes d’IA pour rendre le monde plus juste.”

Le cas IBM offre un aperçu de l’étendue des questions éthiques soulevées par la reconnaissance faciale. Si les exploitations qui en sont possibles portent déjà à controverse, il faut donc aussi se pencher sur les conditions dans lesquelles les algorithmes sous-jacents sont entraînés.. .

(Source : NBC News)