Ces applications de suivi de grossesse qui prospèrent sur la vente des données

Selon une enquête du Washington Post, les applications de suivi de grossesse, de plus en plus populaires auprès des futures mamans, vendent régulièrement les — précieuses — données collectées aux compagnies d’assurance… et aux employeurs :

Les experts s’inquiètent de ce que les entreprises pourraient utiliser ces données pour augmenter le coût ou réduire la couverture en termes de prestations de santé, ou que les informations intimes des femmes pourraient être exposées par des violations de données ou des risques de sécurité.

Le juteux marché des “femtech” : des données intimes vendues aux assureurs… et aux employeurs

Il faut dire que le corps des femmes peut constituer une source de profits non négligeable : selon la firme Frost & Sullivan, le marché des “femtech” (qui inclut les applications de suivi des menstruations, de la nutrition ou encore de la libido) pourrait représenter jusqu’à 50 milliards de dollars d’ici à 2025.

Par exemple, la société Ovia, qui propose une application de suivi de grossesse particulièrement populaire, vend non seulement les données de ses utilisatrices à leurs employeurs, mais tire aussi ses ressources de la publicité affichée dans l’application : suppléments de fertilité, assurance-vie, banque du sang, produits de nettoyage…

La loi d’airain des services en ligne

Pour Karen Levy, une universitaire spécialisée sur le sujet, ces applications tirent d’une certaine manière parti de la vulnérabilité des femmes :

Le vrai bénéfice du self-tracking va toujours à l’entreprise. On demande aux gens de faire cela à un moment où ils sont incroyablement vulnérables et n’ont peut-être aucune idée du sort réservé à leurs données.

Une nouvelle illustration, en somme, de la loi d’airain des services en ligne : si c’est gratuit, c’est que vous n’êtes pas le client, mais le produit…

(Source : The Washington Post)