RGPD : la présidente de la CNIL annonce “la fin d’une certaine forme de tolérance”

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Dans un entretien accordé au Monde ce lundi 15 avril, Marie-Laure Denis, qui préside depuis février la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), revient sur cette première année d’application du RGPD et donne un aperçu des priorités de l’institution pour 2019.

Après l’accompagnement, le temps des contrôles

Nous avons toujours une volonté d’accompagnement forte mais, à partir de maintenant, c’est la fin d’une certaine forme de tolérance, un an après l’entrée en vigueur du RGPD. L’accompagnement ne serait pas crédible sans contrôle assorti, le cas échéant, de sanctions.

Le message a le mérite d’être clair : si jusqu’à présent la CNIL a privilégié les mises en demeure et les avertissements, sa présidente entend bien passer la vitesse et augmenter le nombre de contrôles.

Un équilibre délicat ente protection de la vie privée et sécurité

Pour Marie-Laure Denis, la priorité est d’assurer “les droits prévus par le RGPD pour les internautes, comme le droit d’accès, de rectification et d’opposition à leurs données”. La responsabilité des sous-traitants et le respect des nouveaux droits des mineurs sont aussi à l’ordre du jour, notamment, en matière de vidéosurveillance dans les écoles. La présidente rappelle ainsi l’absence de cadre légal de la reconnaissance faciale à des fins sécuritaires et appelle au débat pour “concilier la protection de la vie privée et la sécurité”.

Le RGPD : un vecteur d’influence au-delà de l’Europe

Depuis l’entrée en vigueur du RGPD le 25 mai 2018, le champ d’action de la CNIL s’est étendu, en même temps que son influence. Marie-Laure Denis souhaite continuer sur cette lancée et investir de nouveaux sujets, comme celui relatif aux assistants vocaux ou à la protection des données dans le cloud. D’après elle, les pouvoirs publics demandent aussi un accompagnement particulier.

Quant à l’implication des pouvoirs publics sur la régulation des grandes plate-formes en ligne comme Facebook, la présidente fait le constat d’une “convergence mondiale” :

Après le Brésil et le Japon, les États-Unis s’interrogent, dans la foulée de la Californie qui a adopté une loi inspirée par le texte européen. Il y a une prise de conscience mondiale.

“La vraie conquête des années à venir, c’est la confiance” 

Cette prise de conscience semble d’ailleurs orienter le discours des géants d’Internet, qui souhaitent à leur tour s’écarter du modèle de l’autorégulation. Une prise de position qui n’étonne pas Marie-Laure Denis. D’après elle, il est dans l’intérêt des grandes plate-formes de rétablir la confiance auprès de leurs utilisateurs.

(Source : Le Monde)