L’intelligence artificielle éthique, un avantage compétitif pour l’Europe ?

Barry O Sullivan, professeur à l’Université irlandaise College Cork et vice-président du groupe d'experts sur l'IA éthique mandaté par la Commission européenne. © Juan Fajardo / France Digitale

Barry O Sullivan, professeur à l’Université irlandaise College Cork et vice-président du groupe d'experts sur l'IA éthique mandaté par la Commission européenne. © Juan Fajardo / France Digitale

Un an après la publication de sa stratégie européenne sur l’intelligence artificielle (IA), la Commission européenne dresse une liste de règles éthiques destinées à rendre l’IA digne de confiance. Ces lignes directrices s’appuient sur les travaux d’un groupe composé de 52 experts indépendants représentant le monde universitaire, l’industrie et la société civile. D’après la Commission, leur application est un atout concurrentiel pour l’Europe et un point d’étape à l’élaboration d’un consensus international pour une IA éthique.

“L’Europe, cheffe de file d’une IA axée sur le facteur humain”

Si la stratégie sur l’IA publiée en avril 2018 a pour but d’augmenter les investissements publics et privés à hauteur de 20 milliards d'euros par an, la mise en place d’un cadre juridique et éthique de confiance était inévitable.

Andrus Ansip, vice-président pour le marché unique numérique, souhaite faire de l’IA éthique un avantage concurrentiel pour l’Europe : 

Seule la confiance peut permettre à notre société de tirer pleinement parti des technologies. La proposition relative à l'IA éthique est une proposition gagnant-gagnant qui peut devenir un avantage concurrentiel pour l'Europe, en lui permettant de devenir le chef de file d'une IA axée sur le facteur humain, en laquelle les citoyens ont confiance.

Pour y parvenir, la Commission a choisi de procéder en trois étapes : la définition des “exigences clés pour une IA digne de confiance”, une phase pilote qui débutera cet été pour les mettre en pratique et recueillir les retours des parties prenantes, pour ensuite “élaborer un consensus international pour une IA centrée sur l'humain”.

L’objectif : un consensus international pour une IA axée sur l’humain

La Commission liste ainsi sept règles qu’elle appelle “éléments essentiels pour parvenir à une IA digne de confiance” parmi lesquelles : le “respect de la vie privée et gouvernance des données”, la “transparence”, la “robustesse et sécurité” ou encore la “responsabilisation”. Autant de grands principes qui ont vocation à être partagés au-delà des frontières européennes.

La Commission souhaite porter son approche en matière d’IA sur la scène internationale parce que les technologies, les données et les algorithmes ne connaissent pas de frontières.

Reste à savoir si les règles pour une IA éthique auront le même impact à l’international que le RGPD, dont l’influence au niveau mondial à conduit la présidente de la CNIL à parler de “convergence internationale”.

(Source : Commission européenne)