Faut-il s’inquiéter de la “surveillance au travail” ?

L’institut de recherche américain Data & Society a publié en février un intéressant rapport intitulé Explainer: Workplace Monitoring & Surveillance (“Explications sur le suivi et la surveillance au travail”). Dans ce document, l’institut dénombre quatre grandes tendances dans la surveillance des salariés par les organisations :

  • Le développement des outils de prédiction et de signalement ;

  • La généralisation des traitements de données biométriques et de santé ;

  • L’utilisation de dispositifs surveillance et de suivi du temps de travail à distance ; et

  • Le recours à la “gamification” et aux algorithmes dans le management.

Évaluer le risque en matière de protection des données

Le rapport ne manque d’ailleurs pas de mentionner les risques liés à la protection des données et de la vie privée dans le cadre des ressources humaines :

La surveillance peut révéler plus d’informations que prévu, ou peut être utilisée pour déduire des informations sensibles sur les salariés. La démocratisation de domaines de surveillance et de suivi comme l’activité des salariés sur les réseaux sociaux, leurs habitudes de santé, leurs mouvements physiques et leurs interactions sociales peuvent entraîner une évolution du cadre normatif et légal de la vie privée au travail.

Autrement dit, les nouveaux outils à la disposition des départements IT et RH peuvent se transformer en véritables casse-tête en matière de conformité et de sécurité. Il est donc indispensable d’accompagner le déploiement de ces dispositifs d’une réflexion sur les risques associés, tant pour l’entreprise — risque juridique et social notamment — que pour la vie privée des salariés.

Une dimension à prendre — très sérieusement — en compte au moment de déployer le volet “ressources humaines” d’un projet RGPD…

(Source : Bruce Schneier)